Les caractéristiques du corps humain
Le vivant n’est pas immobile, à chaque seconde, des cellules meurent, d’autres naissent, des molécules sont détruites, de l’énergie est produite, des informations circulent et des tissus se réparent
Avant d’étudier les organes, les maladies ou les traitements, il faut comprendre ce qui caractérise le vivant.
L’organisation
Le premier caractère du corps humain est son organisation.
Un organisme vivant n’est pas un amas de matière.
Il est structuré selon plusieurs niveaux qui s’emboîtent les uns dans les autres.
Le niveau chimique est le premier niveau d’organisation
Le corps humain est constitué d’atomes et ces atomes s’associent pour former des molécules.
Les molécules s’organisent ensuite pour former des cellules. Celles-ci s’associent pour former des tissus.
Un tissu est un ensemble de cellules spécialisées assurant une même fonction les tissus s’associent pour former un organe. Les organes travaillent ensemble et forment des systèmes le tout constitue l’organisme.
Le métabolisme
Un organisme vivant doit produire de l’énergie pour fonctionner. Cette capacité repose sur le métabolisme. Le métabolisme correspond à l’ensemble des réactions chimiques qui se déroulent dans l’organisme.
Ces réactions permettent :
- de produire de l’énergie ;
- de fabriquer des molécules ;
- de dégrader des substances ;
- de réparer les cellules ;
- de maintenir la vie cellulaire.
Le métabolisme est permanent. Même au repos, le corps consomme de l’énergie pour respirer, faire battre le cœur, maintenir la température corporelle, faire fonctionner le cerveau et renouveler les cellules.
L’anabolisme correspond aux réactions de construction.
L’organisme utilise de l’énergie pour fabriquer des molécules complexes à partir de molécules plus simples.
Exemple :
les acides aminés peuvent être assemblés pour fabriquer des protéines.
Le catabolisme correspond aux réactions de dégradation.
L’organisme casse des molécules complexes en molécules plus simples, ce qui permet généralement de libérer de l’énergie.
Exemple :
le glucose peut être dégradé pour produire de l’énergie utilisable par les cellules.
Le catabolisme sert donc à fournir du carburant au corps.
Le vivant repose sur cet équilibre : il détruit pour récupérer de l’énergie, et il utilise cette énergie pour construire.
La réactivité
Le corps humain est capable de détecter des changements et d’y répondre. Cette capacité s’appelle la réactivité. ➝ capacité d’un organisme à percevoir un stimulus et à produire une réponse adaptée.
Un stimulus est un changement détecté par l’organisme.
Exemples de stimuli :
- chaleur ;
- douleur ;
- lumière ;
- bruit ;
- baisse de la glycémie ;
- infection ;
- baisse de la pression artérielle ;
- manque d’oxygène.
Chaleur ➝ Transpiration
Douleur ➝ Retrait du membre
Infection ➝ Fièvre inflammation
Hypoglycémie ➝ Libération de glucose
Effort physique ➝ Augmentation de la fréquence cardiaque
Lumière forte ➝ contraction de la pupille
Sans réactivité, le corps ne pourrait pas s’adapter. Il ne pourrait pas :
- éviter un danger ;
- corriger une variation interne ;
- répondre à une agression ;
- maintenir son équilibre.
La réactivité est donc directement liée à l’homéostasie, qui sera étudiée dans la leçon suivante
Mouvement
Dans le corps humain, le mouvement existe à plusieurs niveaux
Mouvement de l’ensemble du corps
C’est le mouvement visible.
Exemples :
- marcher ;
- courir ;
- s’asseoir ;
- lever un bras ;
- tourner la tête.
Ce type de mouvement dépend surtout :
- du système nerveux ;
- du système musculaire ;
- du squelette ;
- des articulations.
Mouvement des organes
Certains organes bougent même lorsque le corps est immobile.
Exemples :
- le cœur se contracte ;
- les poumons se remplissent et se vident ;
- les intestins réalisent le péristaltisme ;
- l’estomac se contracte ;
- l’utérus se contracte pendant l’accouchement.
Ces mouvements sont indispensables au fonctionnement interne.
Mouvement cellulaire
Certaines cellules peuvent se déplacer.
Exemples :
- les globules blancs migrent vers une zone infectée ;
- les spermatozoïdes se déplacent grâce à leur flagelle ;
- certaines cellules participent à la cicatrisation en migrant vers une zone lésée.
Mouvement intracellulaire
Même à l’intérieur des cellules, il existe des mouvements.
Exemples :
- déplacement de vésicules ;
- déplacement des chromosomes pendant la division cellulaire ;
- transport de molécules dans le cytoplasme ;
- mouvement des organites intracellulaires.
Croissance
Le vivant n’est pas seulement capable de fonctionner. Il est aussi capable de se transformer au cours du temps.
La croissance correspond à l’augmentation de taille ou de masse. Elle peut être liée à :
- l’augmentation du nombre de cellules ;
- l’augmentation de la taille des cellules ;
- l’augmentation de la matrice extracellulaire ;
- le développement des tissus et organes.
Exemple :
chez l’enfant, la croissance osseuse permet l’augmentation de la taille.
Le développement correspond à l’ensemble des transformations qui permettent à l’organisme de devenir plus mature et fonctionnel.
Un enfant ne fait pas que grandir : il se développe.
Son système nerveux mûrit, ses capacités motrices progressent, son langage apparaît, ses organes se perfectionnent, son système hormonal évolue.
La croissance est donc plutôt quantitative. Le développement est plutôt qualitatif.
Différenciation
La différenciation est le processus par lequel une cellule devient spécialisée.
Autrement dit, une cellule acquiert progressivement une structure et une fonction particulières.
Exemple : neurone, globule rouge…
Reproduction
La reproduction cellulaire correspond à la capacité d’une cellule à se diviser pour donner de nouvelles cellules.
Elle permet :
- la croissance ;
- la cicatrisation ;
- le renouvellement des tissus ;
- le remplacement des cellules mortes ;
- la réparation après une lésion.
Exemples :
- les cellules de la peau se renouvellent ;
- les cellules sanguines sont produites en permanence ;
- les cellules intestinales se renouvellent rapidement.
Reproduction cellulaire et équilibre
La reproduction cellulaire doit être contrôlée.
Si elle est insuffisante :
- les tissus se réparent mal ;
- la cicatrisation peut être difficile ;
- certains tissus peuvent s’atrophier.
Si elle est excessive ou anarchique :
- il peut apparaître une prolifération anormale ;
- cela peut participer au développement de tumeurs.
Il faut distinguer la reproduction cellulaire de la reproduction de l’organisme.
8.1 Reproduction de l’organisme
La reproduction de l’organisme correspond à la capacité de produire un nouvel individu.
Chez l’être humain, elle implique :
- les gamètes ;
- la fécondation ;
- le développement embryonnaire ;
- la grossesse ;
- la naissance.
Mort biologique
Le vivant implique aussi la mort. Les cellules peuvent donc mourir. Il existe notamment deux grandes formes de mort cellulaire.
L’apoptose est une mort cellulaire programmée.
Elle est utile à l’organisme.
Elle permet :
- d’éliminer des cellules inutiles ;
- de supprimer des cellules abîmées ;
- de participer au développement embryonnaire ;
- de maintenir l’équilibre des tissus.
Ce n’est donc pas forcément quelque chose de négatif.
La nécrose est une mort cellulaire pathologique.
Elle survient lorsqu’une cellule est agressée de manière importante.
Exemples :
- manque d’oxygène ;
- traumatisme ;
- toxique ;
- infection ;
- brûlure.
La nécrose provoque souvent une réaction inflammatoire.
Les caractéristiques du corps humain ne sont pas des éléments séparés.
Elles fonctionnent ensemble.
Le corps humain :
- est organisé en cellules, tissus, organes et systèmes ;
- transforme de la matière et de l’énergie grâce au métabolisme ;
- réagit aux changements internes et externes ;
- bouge à plusieurs niveaux ;
- grandit et se développe ;
- spécialise ses cellules grâce à la différenciation ;
- renouvelle ses tissus par reproduction cellulaire ;
- transmet la vie par reproduction de l’organisme ;
- finit par perdre définitivement ses fonctions vitales lors de la mort biologique.
Un organisme vivant est un système organisé capable de :
- produire de l’énergie ;
- transformer la matière ;
- répondre aux changements ;
- bouger ;
- grandir ;
- se spécialiser ;
- se renouveler ;
- transmettre la vie ;
- maintenir son équilibre interne.
À retenir
- Le corps humain est un organisme vivant organisé.
- La cellule est l’unité de base du vivant.
- Les cellules s’organisent en tissus, organes, systèmes puis organisme.
- Le métabolisme regroupe toutes les réactions chimiques de l’organisme.
- Le catabolisme dégrade et libère de l’énergie.
- L’anabolisme construit et consomme de l’énergie.
- La réactivité permet de répondre aux stimuli.
- Le mouvement existe à plusieurs niveaux : corps entier, organes, cellules, intracellulaire.
- La croissance correspond à l’augmentation de taille ou de masse.
- Le développement correspond à la maturation progressive.
- La différenciation permet aux cellules de devenir spécialisées.
- La reproduction cellulaire permet la croissance, la réparation et le renouvellement.
- La reproduction de l’organisme permet la survie de l’espèce.
- La mort biologique correspond à la perte définitive des fonctions vitales.
Conclusion
Les caractéristiques du corps humain permettent de comprendre ce qui fait du corps un organisme vivant.
Le corps humain n’est pas une structure fixe.
C’est un système dynamique, organisé, spécialisé, capable de produire de l’énergie, de réagir, de se renouveler et de maintenir son équilibre.
Cette leçon prépare directement la suite : l’homéostasie, c’est-à-dire la capacité du corps à maintenir un équilibre interne malgré les variations.